mardi 12 mai 2009

Vendredi soir (vii)

Vendredi soir (septième épisode, il était temps!)
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"Je ne sais plus où l’on en était. Je crois que je suis obligée de recommencer dès le début!"
Dix coups de cravache s'ensuivent, tous frappés avec la tige comme auparavant. Dix coups réguliers comme le son d’une horloge. Plus de coup feints, plus de jeu. Après le troisième coup mon espoir de jouir ses transformé en rêve impossible qu'on regarde passer avec un sourire de regret. J'ai eu ma chance et je l'ai laissé filer.
"Tu ne devrais pas bouger comme ça." elle me dit d'un ton docte pendant qu’elle m’administre les coups.
"Pas que cela me gène, où que je n'arrive pas à bien viser. Non, mais pour toi! Regarde comme tu peux encore lever tes fesses quand je te touche!"
Elle me fait la démonstration par l'exemple de son cours magistral. En effet, je sens mon bassin se lever et la tension sur la chaîne faiblir lorsque je reçois la caresse de la cravache.
À peine les dix coups terminés, je sens la tension de la chaîne s’intensifier.
"Tu vas être gentil et m'aider!" elle dit sur un ton légèrement menaçant. "Essaie de lever tes genoux aussi."
Ton ordre me semble impossible à exécuter. Malgré la traction, je ne me sens pas capable de monter mon bassin ne serait-ce d’un centimètre. Je m'arc-boute sur ma tête et mes pieds et parviens à soulever mes genoux quelques centimètres. Suffisamment longtemps pour qu’elle puisse raccourcir à nouveau la chaîne.
"Cinq.... et six! Ben dis donc, je suis fière de toi!"
Lorsque je relâche la tension de mon corps, la chaîne semble m'arracher mon appareil génital pour de bon et je pousse un cri aigu, qui doit ressembler à celui d'un chat écorché vif.
"C'est pas une raison de devenir douillet, na! Tiens, je vais être gentille avec toi maintenant. Et ce seront les derniers coups de cravache pour ce soir, je te le promets."
Je lâche un soupir soulagé. La perspective que ma torture touche à sa fin me permet de supporter la douleur terrible provoquée par la traction de la chaîne sur mes bourses. À ma grande surprise, les dix coups qui suivent ne sont que symboliques. À peine si elle me touche avec le bout souple de la cravache, une véritable caresse. Ah, des coups comme ça je veux bien davantage.
"Bieeenn!" elle dit en étirant le mot. "Très bien."
Je reste tranquille afin de ménager mes parties sensibles cruellement suspendus.
"Tu sais, j'ai préparé un petit cadeau pour toi, et je crois c'est le moment de te l'offrir. Je suis sure que tu vas adorer."
Je t'entends ouvrir une fermeture éclair. Tu fouilles dans ton sac à main.

vendredi 20 février 2009

Vendredi soir (vi)

Vendredi soir (sixième épisode)
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"Et ça? C'est quoi ça?" elle dit en saisissant la chaîne qui relie mon sexe au crochet dans le mur.
Elle la secoue pour me signifier que j'ai laissé trop de mou.
"Quand je t'ordonne de t'attacher, tu crois que c'est pour la déco? Regarde- moi ça! C'est mou! Mou comme ta petite bite. Ah oui, je vois : Môssieu souhaite être à l'aise! Môssieu tient à son petit confort."
Là, elle exagère. Pendant toute mon attente, j'avais coincé la cravache entre mes fesses et la chaîne qui par conséquent était bien tendue. Elle a dû se détendre naturellement quand j'ai léché ses bottes. J'ai les larmes aux yeux face à une telle injustice, mais j'avale ma réponse par peur de sa réaction.
"Mais t'inquiète! Je vais t'apprendre à mettre ton petit cul en l'air! Tiens, pour chaque membre de la chaîne que j'arrive à raccourcir tu auras... cinq coups de cravache."
Je sens une tension sur la chaîne.
"Un!"
Sans échauffement, sans augmentation graduelle des coups, je reçois cinq fois la cravache sur mon fessier relevé. Au premier coup seulement un cri échappe de ma bouche. Ensuite, je me retiens.
"Allez, il y a encore du mou!"
À nouveau elle raccourcit la chaîne d'un cran.
"Deux"
Morsures de la cravache. Quand le compte est bon, je lâche ma respiration - soulagé de penser que ma torture touche à sa fin. J'ai tort.
"Allez, relève encore ton cul, salope!"
Avec ces mots, elle tire d'avantage sur la chaîne qui par l’intermédiaire du harnais commence à arracher mes génitales. Bizarrement, mon érection s’en trouve renforcée.
"Trois,... et quatre! Tu vois que tu peux quand tu veux! Euh, quand JE veux !"
Tremblant de peur, j'attends les coups de cravache. Rien. Vingt secondes? Une minute se passe sans qu’elle m'inflige le châtiment. J‘entends le sifflement et je sens le souffle. Un coup feint! Par réflexe, j'essaie d'éviter le coup en bougeant mes fesses, mais je le regrette aussitôt car je sens la courroie de cuir se creuser dans la chair autour de mon sexe meurtri. Je hurle de douleur. En guise de réponse, elle ricane: "C'est qu'il a eu peur! Oh, le pauvre!"
Un autre coup feint. Elle est d'une humeur joueuse ce soir.
Voilà enfin le premier vrai coup des dix. Elle ne me frappe plus comme avant avec le bout en cuir, mais avec la tige de la cravache. Ma bouche lâche un râle de douleur. Le coup ma presque déstabilise et m'aurait renversé si je n'avais pas les jambes écartées.
Ensuite, elle alterne des vrais coups et des feintes car le spectacle de chacune de mes tentatives de les éviter semble l'amuser. J'entends son rire cruel. Et, à chaque coup, le harnais se grave un peu plus profondément dans la base de mon pénis et dans mes bourses. Est-ce qu’elle est en train de me châtrer à coup de cravache? Que lui importerait-il réellement si dans le bras de fer entre le cuir et l'acier d'une part, et la chaire tendre de mes parties sensibles, mon sexe serait brisé à jamais. Ce sexe dont elle ne se sert que très rarement.
Comme si elle avait deviné mes pensées, elle interrompt le châtiment et elle passes ta main sur la poche qui me tient emprisonné. Mais je ne me rends plus compte dans quel était est mon sexe.
"Hmm, tu n'es plus très excité!" En effet je devine ses mains malaxer la misérable mollesse de ma verge.
"Ce n'est pas grave, tu sais!" elle continue tout en me caressant. "Parce que moi, je suis excitée pour deux!"
Elle s'est approchée de ma tête. Par les trous de ma cagoule, je flaire une odeur familière.
"Tu sens comme je suis excité?"
Je suppose qu’elle a introduit un doigt dans son minou pour me faire sentir son parfum délicieux. Soudainement, elle enfonce son index ganté et gluant de son nectar dans ma bouche. Et après avoir fouille ma cavité buccale un instant elle le retires aussi sec.
Je souffle un "Merci!" qui vient du coeur.
À nouveau elle palpe mon entrejambe et semble satisfaite de l'effet de cet intermezzo bref.
"Ah, ça te plaît de lécher mes doigts!".
Avec mon sexe - courbé en arrière certes - mais aussi dure qu'il lui est permis de devenir elle tient dans sa main la preuve que le conditionnement auquel elle m'a soumis depuis si longtemps a porté ces fruits. Même dans une posture très inconfortable, ligoté à l'immobilité et quasiment suspendu par les testicules, après un châtiment physique sans merci, une léchouille de ses sécrétions intimes suffit afin de leurrer mon sexe emprisonné, de lui faire miroiter une terre promise dans laquelle il ne pénétrera jamais. Qu'est-ce qu'il me sépare de l'animal, de l'étalon, qui voit et qui sent la jument mais que décharge sa semence sur une attrape en bois? L'orgasme du cheval est assuré au moins. Moi je m'y approche sous tes palpations tendres. J'oublie les douleurs dans les genoux, dans les bourses, dans les bras, sur les fesses et je m'abandonne entièrement à ses manipulations. Sentant monter mon plaisir, ma respiration se fait forte. Tant pis si elle ne me donne pas le feu vert, je laisserais éclater ma joie sans son aval. Visiblement, c'est le moment qu’elle a guetté. D'un instant à l'autre sa main quitte mon sexe qui se trouve abandonné, frétillant de désir. Je ne m'arrêterais pas à mi-chemin. En provoquant des contractions de mon bassin j'essaie de rattraper le moment ultime de plaisir qui était si proche et qui est déjà en train de s'échapper.
La morsure de la cravache arrête ma course folle après le plaisir. La douleur de tous les coups se réveille soudainement.

samedi 14 février 2009

Joyeux Saint Valentin

mardi 10 février 2009

Citation du jour

L'érotisme pourrait s'entendre comme la revanche de l'esprit sur la niaiserie des glandes.

lundi 9 février 2009

200 minutes

Deux cents minutes, c’est long. Surtout quand on est à quatre pattes. Des bribes de conversation ici et là. Parfois on parle de moi, de mes fesses. Des compliments. Non, pas vraiment des compliments. Plutôt des appréciations positives. Jamais on ne m’adresse la parole. De temps en temps, je pose ma tête sur mes avant-bras croisés pour soulager mes poignets.
Un peu à la manière des chiens qui dorment. Ça fait du bien. Mon bassin reste en l’air maintenu par un savant bondage. Maintenu pendant deux cent minutes à mi-chemin sur mon chemin dans une cage à chien. Pourquoi à mi-chemin ? L’artiste de la corde qui m’immobilisa dans cette posture, a t-elle voulu exprimer qu’elle a compris que je ne suis soumis qu’à moitié ? Mais quelle partie de mon corps est donc soumise ? Le haut qui se trouve déjà dans la cage, ou le bas offert vers l’extérieur? Un drôle d’enchevêtrement du «dedans » et du « dehors ». Dehors il fait beau. Dedans je fais le beau. Soleil de janvier, promesse presque inaudible de printemps. Une voix familière :
« Faut vraiment être un peu pervers, pour s’enfermer dans une cave par ce beau temps. »
Assez tranquille finalement, cette position quand il n’y a pas une main, un martinet, une cravache qui s’occupe de mon derrière. Une tranquillité très provisoire, car une main vient de caresser mes fesses brûlantes.
« Tu vois ? Elles sont bien chauffées ! Tu peux y aller. »
Je me redresse, me cambre, profitant de la tendresse tant qu’elle dure. Déjà elle s’écarte de ma peau. Je n’ai pas reconnu la voix, et je n’ignore à qui appartient cette main qui à présent m’administre une fessée. Pas la première de l’après-midi, et pas la dernière. La douleur est intense. Euphorisante. Pas aussi euphorisant que l’ignorance des termes du prêt que Margaux a communiqué à L. Euphorisant comme la perte de la notion du temps. Je passe mon temps à écouter les pas, parfois je pense reconnaître ce rythme si familier des talons de celle à qui j’appartiens. Mais ce n’est pas sa voix.
Une main caresse mes cheveux à travers les barreaux de la cage. Je savoure, puis je fais comme tout chien ingrat, j’essaie de mordre. Pas d’aboiement, juste le petit grognement quand je tourne brusquement la tête pour attraper un doigt de la main de L. Ça l’amuse de jouer ainsi. Elle rit aux éclats, sûre qu’elle ne risque rien puisqu’elle a pris le soin d’attacher mon collier en haut de la cage. » En plus, avec un bandeau devant les yeux, je crois que je n’ai aucune chance de l’attraper. Je le crois. Je l’espère. Car quand je mords dans le vide, mes dents claquent fort. J’imagine ce qui pourrait se passer si dans un moment de son inadvertance j’atteignais mon but. Mais ce chat est fort habile et ne se lasse pas d’exciter le chien dont elle a la garde. Plus tard dans l’après-midi, quand S. s’aventure de passer un doigt entre les barreaux, elle fait l’expérience que je rigole, mais que je ne plaisante pas.
« Je me demande lequel de nous deux est le plus joueur ! »
Moi aussi, ça m’amuse.
« Regardez, il se marre ! »
« De toute façon il se marre tout le temps ! »

Mais qu’est-ce que c’est ? Je sens une morsure sur mes fesses. D’habitude ce sont les chiens qui mordent les gens, pas l’inverse. Dans l’impossibilité de m’en échapper je m’abandonne à cette sensation insolite. Cela m’excite d’ignorer qui croque mon fessier. Mon bandeau a bougé et je peux apercevoir une partie de mon entourage, mais il m’est impossible de deviner qui m’a mordu car à présent elle plante son talon dans mes fesses cambrées. Lentement, mais inexorablement. On me commande d’aboyer. Je rechigne. Les chiens qui mordent n’aboient pas. Des coups de pieds, légers mais contenant une menace lisible.

Finalement, L. m’ôte le bandeau et je découvre la scène. Quel étrange sentiment d’être au centre de tous ces regards. À ma gauche, deux soumis ficelés servent de siège à L. et une autre maîtresse en train de converser gaiement. Il y a du passage derrière moi, un escarpin frôle mes pieds nus. Un coup de cravache occasionnel m’arrache à mes rêveries et me rappelle à l’ordre.

Devant moi une jeune femme à la crinière abondante et vêtue d’une magnifique tenue en latex me scrute longuement. Dans sa main, elle tient une canne anglaise. Pas un sourire mais un regard insoutenable. Je baisse le regard afin de ne pas la provoquer. Elle passe la canne entre les barreaux et je la mords instantanément. C’est devenu un réflexe. Je défends le territoire de ma cage. Puis, elle se lève lentement. Je sais ce qu’il va se passer. La canne anglaise je ne l’ai jamais encore reçue. Le premier coup est terrible, me fait passer l’envie de rigoler. J'halète naturellement sans l’intention d’imiter un chien. La douleur est intense et durable, je plonge, je coule. Mon ange protecteur se positionne devant moi, je vois le visage familier d’I. De sa voix hypnotique, elle me susurre ses recommandations.
« Accepte la douleur. Il faut que tu la fasses tienne. »
La canne anglaise s’abat sans merci sur mes fesses, mais avec modération. Elle explore mes limites avec dextérité pendant qu’I. me fixe de son regard doux. Une douceur trompeuse.
« Tu as fait des progrès. » me félicite-elle.
La correction achevée la dompteuse altière se rassoit devant ma cage, passe la canne entre les barreaux. Je souffle merci et j’embrasse l’instrument de torture en signe de ma gratitude. De tout ce temps, elle n’a pas prononcé un seul mot, mais l’esquisse d’un sourire se dessine sur son visage.

Le temps passe, le brouhaha s’intensifie. À chaque fois que la sonnerie de la porte retentit, façon Big Ben, je tressaille. Au cas où il ne l’aurait pas entendu, l’écran de vidéosurveillance clignote comme un gyrophare pour avertir l’aimable Djinn préposé à l’accueil des nouveaux arrivants. J’attends avec impatience celle qui – peut-être - me délivrera, celle qui mettra fin à mes tourments, celle qui m’a fait cet énorme cadeau de m’abandonner aux mains dangereuses de L.
« Et lui, c‘est qui ? C’est un de tes soumis ? »
« Qui ça, lui ? Non c’est un chien prêté par une amie. Mais sa maîtresse est très... possessive. Elle doit arriver d’un moment à l’autre. »

Soudainement, je sens une caresse sur mes fesses et j’entends la voix familière :
« Alors, on s’impatientait ? J’espère que tu t’es bien amusé. Attends, je vais te détacher.»
Ainsi après un temps de cuisson de deux cents minutes, elle vient me cueillir à point. Mais d’abord elle salue ses amies et consœurs dominatrices. Elle a ses priorités, quand même.

Lorsque j’ai finalement regagné toute ma liberté, je me précipite hors de la cage pour embrasser goulûment ses escarpins. Seulement après j’ose lever mon regard vers elle. Son élégance et sa beauté m’émeuvent. D’un coup je me rends compte que je grelotte bien que l’endroit est bien chauffé.
« Va me chercher un verre de Champagne ! Tiens, garde ça comme souvenir!»
Margaux me tend l'enveloppe en papier transformé en écriteau que L. avait apposé sur la cage.

mardi 3 février 2009

Citation du jour

Les perversions sont les contrastes dans le camaïeu de l’amour.

lundi 2 février 2009

Ecoute téléphonique

Je sais, ce n'est pas bien d'écouter les conversations téléphoniques des autres. Pourtant, dimanche dernier, je n'ai pas pu m'empêcher de dresser l'oreille lorsqu'un jeune homme assis à la terasse d'un café passait un coup de fil à un ami.

- Salut, c’est Hiroshi!
...
-Très bien. Et toi, la forme?
...
- Hier soir? Ben, j’ai vu mon pote Christophe.
...
- Mais si, tu l’as déjà vu. , Il travaille comme restaurateur d’églises baroques.
...
- Oui, on s’est fait un ciné Place Clichy.
...
- La deuxième partie du “Ché:.
...
- Bof. Bof. Ce n’était pas l’événement de la soirée.
...
- Par contre, j’ai vu un truc incroyable. Faut absolument que je te raconte ça, tu vas pas me croire.
...
- Ben, après le ciné, on est allés bouffer dans une petite pizzeria là dans une petite rue derrière la place Clichy.
...
- Rue Chabrol, ou un truc comme ça. Bref, on est installés à notre table, et il y a un groupe de gens qui est arrivé, ils étaient space. Douze ou quinze, ils ne sont pas tous arrivés au même temps. Mais la pizzeria, dedans il y a peut-être quinze table, tu vois.
...
- Et alors ? Attends. Ils rigolaient, discutaient. Il y en avait qui n’arrêtaient pas d’entrer et sortir. Chercher les autres, sans doute, je sais pas. Bon, ils passent leur commande, ils mangent. Je n’ai pas capté grand-chose de leur discussion, comme j’étais avec Christophe. Et à un moment, il y a la femme qui me tournaitle dos, une très belle brune d’ailleurs, qui recule sa chaise, et commence à remuer. Elle était presque tout près de notre table. Bon, je n’y fais pas attention, mais après j’ai vu qu’elle avait mis ses pieds sur les genoux du mec qui était en face sur la banquette.
...
- Si! Je voyais bien les pointes de ses pieds. Et le mec, je ne vois pas ses mains. Mais je vois qu’il tripote les pieds de la femme. Et il souriait comme s’il était aux anges.
...
- Non mais attends la suite. Parce que, tu vois, le type à côté du mec sur la banquette, ses mains disparaissent aussi sous la table. En face de lui. Il y avait une belle blonde, très élégante aussi. Je suis curieux tu sais, donc je regarde discrètement. Et là je vois le type qui était en face d'elle carrément se pencher en avançant ses mains sous la table. En fait, je l’avais remarqué parce qu’il portait un pantalon noir brillant, genre Matrix, tu vois. Et en plus j’ai aperçu un collier en cuir, comme un collier de chien. Il le dissimulait sous l’écharpe, mais je l’ai vu quand même. Donc celui-là, il a enlevé ses bottes à la femme blonde et lui a fait pareille, masser les pieds et tout. Et à côté, il y avait encore une autre fille, plus jeune que les autres, qui se faisait masser les bottes. Avec des talons comme ça!
...
- Mais attends. C’est pas fini. Le patron débarrasse la table, et là, la belle blonde, elle met carrément une jambe sur la table. Et le type en face il commence à lui embrasser le pied. Pas embrasser, tu vois, il léchait carrément.
...
- Non pas nu. Elle portait des bas.
...
- Comment je le sais. Parce que l’autre femme, la brune, je lui disais qu’elle avait des jambes magnifiques. Les deux d'ailleurs. Et puis je lui ai demandé si elle portait des collants. Elle était assez rigolote, celle-là. Elle m’a répondu comme si je l’avais insultée et elle a remonté sa jupe un peu pour me montrer qu’elle portait des bas. Porte-jarretelles et tout. La classe, je te dis. Elle faisait plein d’allusions. Comme quoi il se passait des choses intéressantes à l’adresse en face de la pizzeria. J’hallucinais complètement.
...
- Oui, et pendant tout ce temps, celui qui était à côté léchait les pieds de l’autre. Je peux te dire qu’il se régalait. Et puis, la brune, aussi a mis un pied sur la table et son vis-à-vis s’est mis à lécher son pied comme l’autre. Et après, trois autres femmes encore, elles ont fait pareiile. Chacun une jambe sur la table. Il y avait un chauve qui portait un collier en fer. Tout droit sorti des comptes de mille et une nuits, celui-là. Lui il léchait deux pieds à la fois.
...
- Oui, en fer, je te dis. Un truc lourd, costaud, tu vois. Avec un cadenas dessus. Il m’a fait deviner qui avait la clé.
...
- Non je n’ai pas trouvé. C’était la jeune femme au bout de la table. Elle était sortie fumer une clope.
...
- Oui, bien sûr que c’était des sado-maso. A fond. Mais qu’est-ce qu’ils se marraient. Ils étaient complètement déchaînés. Je n’ai jamais vu ça de ma vie.
...
- Comme tu dis, c’était assez lunaire. La brune là, elle me provoquait. Figures-toi qu’elle voulait me faire manger ma pizza à quatre pattes, parterre.
...
- Tu rigoles. Bien sûr je ne l’ai pas fait. Déjà il y avait Christophe. Il ne savait pas ou se mettre, le pauvre.
...
- C’est vrai tu l’aurais fait ? Mais toi, t’es un peu bizarre de toute façon.
...
- Oh, c’était mélangé. En moyenne plus âgés que moi. La quarantaine je dirais.
...
- Quoi, tu me crois pas ? Attends, je t’envoie une photo, tu vas voir si je te dis la vérité.
...
- Et après ? Ben ils ont payé et ils sont partis, mais je crois leur soirée venait juste de commencer. Quand j’y pense, vraiment je crois que j’ai rêvé.
...
- Ben oui, ils voulaient même nous embarquer avec eux.
...
- T’es dingue ? C’est un truc à se trouver attaché et de se faire fouetter et qui sait quoi encore.
...
- Tu crois, j’aurais dû ? Ça n’aurait pas été très sympa pour mon pote.
...
- Ben voila, ma soirée de samedi.
...
- Quoi ?!! Tu es dingue ! En plus c’est pas sûr qu’ils y seront le samedi prochain.
...
- Tu veux l’adresse ? Je me ne souviens pas, mais je l'ai noté quelque part.
...
- Attends, que je trouve le papier. Voilà! Alors, c'est rue... Allô, t'es encore là? Allô?
A ce moment-là, le jeune homme regarde son téléphone portable d'un air agacé, ennervé par la faible capacité de la batterie. Puis il hausse les épaules, fourre son téléphone dans la poche de sa veste, et reprend la lecture de son journal.